Pour des vidéos de formation, films institutionnels et vidéos promotionnelles de produits
Dernièrement, on m’a donné un fichier audio à retranscrire. Il s’agissait d’une table ronde de plusieurs participants lors d’un congrès. La seule consigne était: « Transcris-le. » Soit. Mais que deviendrait la transcription par la suite? Je voulais savoir. Avant que le projet ne se poursuive, j’avais besoin d’informations plus précises, plus explicites. Si vous êtes un traducteur, n’hésitez pas à réclamer plus de précisions. Si vous sous-traitez le travail, assurez-vous à ce que les infos soient bien données. Le fait de fournir un brief à l’avance fera toute la différence au niveau du produit final.
Fournir un brief sur le projet • S’agit-il d’un communiqué de presse ou d’un article basé sur la transcription? Si, par exemple, on demande à un journaliste d’écrire un article sur le congrès, il peut avoir besoin d’une transcription, mais parfois un résumé de ce qu’a dit chaque intervenant peut suffire. Bien sûr, la transcription synthétique élimine toutes les hésitations, bégaiements ou répétitions, à moins que ces derniers aient une importance pour le contenu.
• S’agit-il d’un projet de doublage? Un exemple : si plusieurs voix-off interprètent les conférenciers dans le langage cible, il faudra alors une transcription non condensée, mot par mot. Une distinction nette de l’intervention de chaque conférencier est d’une importance primordiale.
• S’agit-il d’un projet de sous-titrage? S’il faut créer des sous-titres à partir de la transcription, une transcription mot à mot peut être la première étape. Mais une fois transcrit, il faudra condenser le texte, le découper en plusieurs lignes et attribuer le timecode pour synchroniser les sous-titres aux images. Le produit final à l’écran ne correspondra pas aux phrases et paragraphes originaux.
Plusieurs versions linguistiques: sous-titrage versus doublage Dans ce cas particulier, la réponse était « Plusieurs versions linguistiques seront créés à partir de la transcription et utilisées comme sous-titres. » On avait choisi des sous-titres par rapport au doublage pour ce projet pour des raisons de temps et de coûts.
Le coût global du doublage est environ trois fois plus élevé que pour le sous-titrage. La différence de prix est surtout due au nombre de voix-off (doubleurs) impliquées et à la difficulté de coordonner les emplois du temps des artistes dans toutes les langues cibles pour les séances d’enregistrement.
A long terme, il sera beaucoup moins onéreux de sous-titrer dans plusieurs langues que d’enregistrer plusieurs versions en voix-off. Une fois transcrit et condensé dans des sous-titres, le projet ne nécessitera qu’un traducteur par langue, et un seul technicien pour l’intégration de tous les sous-titres dans toutes les versions de langues différentes.
Bien évidemment, nous ne parlons pas ici du cas des longs métrages pour le grand public. Dans ce cas le doublage peut être privilégié, selon le type du film et/ou du public. Ici, nous parlons de vidéos de formation, de films institutionnels, de vidéos promotionnelles de produits, etc. Le sous-titrage n’est pas juste une histoire de découpage en lignes Comme précisé plus haut, pour faire des sous-titres il ne suffit pas de découper la transcription en plusieurs lignes et les balancer à l’écran. Si vous ne faites que ça, vous allez vous retrouver avec des sous-titres trop longs qui couvrent tout l’écran; peu importe le public, ils seront trop longs à lire et durs à digérer. Même si l’original est d’une grande qualité, vous gâcherez votre film et toute chance qu’il soit efficace dans sa version traduite.
Consignes et paramètres clés pour le sous-titrage Si vous commandez une retranscription dans le but de faire des sous-titres, il faut donner des consignes précises au sous-titreur. Si vous êtes le sous-titreur, c’est à vous de prendre en compte certains paramètres clés. Sachez que si vous faites une traduction mot à mot, il faudra y revenir et la modifier considérablement après coup.
Exemple, version audio: « C’est du fond du cœur que nous restons persuadés que… » Version sous-titrée: « Nous croyons vraiment que... »
Afin de maîtriser l’art du sous-titrage, voici quelques rappels importants: - Condenser le contenu dans des phrases plus courtes (quasiment une retraduction), avec aussi peu de mots que possible - Faire passer l’idée de ce qui se dit tout en laissant au public le temps de regarder l’action à l’écran - Ne pas traduire mot à mot, saisir l’essence et filtrer tout ce qui n’est pas essentiel - Maintenir le bon registre (technique, idiomatique, argotique, littéraire,…) - Adapter, remplacer et recréer, surtout lorsqu’il s’agit de calembours, de jeux de mots et de proverbes. Etre créatif. - Etre cohérent dans la ponctuation, les italiques et l’orthographe - Tenir compte de la vitesse de lecture et de compréhension en déterminant la coupure des lignes - Ne pas séparer des unités d’idées et des unités sémantiques
Temps + quantité de texte = cadence Comme précisé par Paul Cohen, un sous-titreur professionnel du français, de l’allemand et du danois vers l’anglais: « Il est essentiel que vos sous-titres respectent un certain nombre de paramètres : le temps et l’espace étant clés. Il faut établir une cadence avec laquelle le lecteur se sent à l’aise, sur laquelle il peut compter…N’oubliez pas, l’œil a besoin d’un certain temps pour que le spectateur se rende compte que du nouveau texte est apparu à l’écran avant de commencer à lire...Il est inacceptable d’avoir, par exemple, un sous-titre de 2 lignes qui clignote à l’écran pendant 2 secondes suivi par un autre de 2 lignes qui reste suspendu à l’écran pendant 7 secondes (c’est une signe que le sous-titrage a été fait par un non professionnel). » En savoir plus sur proz.com dans le forum sur le sous-titrage.
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